Ivan Chaï : l’infusion oubliée et ses bienfaits
L’Ivan Chaï, aussi appelé thé de Koporye ou thé russe, est bien plus qu’une simple infusion. C’est une boisson chargée d’histoire, de légendes et de résilience, née dans les vastes étendues de la Russie impériale. À base d’épilobe à feuilles étroites (Chamerion angustifolium), cette plante sauvage a traversée les siècles comme substitut au thé noir, avant de devenir un symbole de survie et de tradition.
Si vous avez déjà lu notre article sur l’épilobe et ses vertus, vous savez que cette plante est une véritable alliée santé. Mais saviez-vous qu’elle a aussi joué un rôle clé dans l’histoire russe, entre fraude, interdiction et reconnaissance officielle ?

Les origines de l’Ivan Chaï : une plante ancestrale
Une utilisation traditionnelle
Les premières traces de l’Ivan Chaï remontent aux peuples autochtones de la péninsule du Kamtchatka au 18ᵉ siècle. Ces communautés utilisaient l’épilobe comme :
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Aliment : jeunes feuilles dans les soupes, pousses cuites comme des asperges, pulpe sucrée des tiges.
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Médecine : pour soigner divers maux, grâce à ses propriétés anti-inflammatoires et digestives.
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Boisson : une tisane non oxydée, précieuse pour ses vertus tonifiantes.
Pourquoi "Ivan Chaï" ?
Selon une légende russe, le nom viendrait d’un jeune homme nommé Ivan, passionné de plantes médicinales. Toujours vêtu d’une chemise écarlate, il explorait les champs pour préparer des infusions.
Les habitants du village, apercevant régulièrement cette silhouette rouge au milieu de la végétation, finirent par l’associer aux plantes et aux boissons qu’Ivan créait.
Un jour, Ivan disparut. Peu après, une plante aux fleurs d’un rouge rosé éclatant apparut dans les champs. En voyant ces touches de couleur, les villageois continuèrent à penser à Ivan… et à l’appeler "Ivan" par habitude.
Avec le temps, le nom Ivan Chaï (Ivan, le thé) resta associé à la boisson préparée à partir de cette plante.
De la fraude à la gloire : l’histoire mouvementée du thé russe
Un substitut au thé chinois
Au 17ᵉ siècle, le thé chinois arrivait en Russie par caravanes, après un voyage de 6 mois et 11 000 km, le rendant 10 à 12 fois plus cher qu’en Europe de l’Ouest. Les droits de douane (80 à 120 %) en faisaient un luxe inaccessible pour le peuple.
C’est ainsi que l’épilobe devint le substitut le plus populaire, notamment à Koporye, près de Saint-Pétersbourg. Les producteurs y fabriquaient un thé oxydé (et non fermenté, contrairement aux idées reçues) pour imiter le thé noir :
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Processus : feuilles broyées avec de l’argile pour faciliter l’oxydation, puis teintes pour ressembler au thé chinois.
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Succès : des dizaines de milliers de kg étaient produits annuellement, exportés clandestinement jusqu’en Europe.
L’interdiction impériale
Au 19ᵉ siècle, le gouvernement tsariste interdit l’Ivan Chaï pour protéger les revenus des droits de douane sur le thé chinois. En 1833, une loi formelle bannit sa vente et sa cueillette. Pourtant, les archives judiciaires de 1888 montrent que des marchands continuaient de mélanger épilobe et thé pour tromper les clients.
La réhabilitation
Avec l’arrivée du thé par voie maritime (Odessa, 1862) et les chemins de fer (années 1880), les prix chutent. L’Ivan Chaï, autrefois interdit, devient un thé officiel au 20ᵉ siècle, commercialisé comme "thé soviétique". Des figures comme Anton Bernatskii (forestier) ou Ivan V. Palibin (professeur) ont œuvré pour sa reconnaissance, notamment pendant les pénuries de la Seconde Guerre mondiale.
L’Ivan Chaï en temps de guerre : un symbole de résistance
Pendant le siège de Léningrad (1941-1944), où plus d’1 million de personnes moururent de faim, l’Ivan Chaï fut une bouée de sauvetage :
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Substitut de thé : infusé plusieurs fois sans perdre ses propriétés.
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Source de nourriture : jeunes feuilles en salade, pousses cuites comme des légumes, racines sucrées.
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Médecine : utilisé pour soigner les troubles digestifs et renforcer l’immunité des soldats.

Les bienfaits de l’Ivan Chaï : pourquoi le boire ?
L’épilobe, base de l’Ivan Chaï, regorge de propriétés santé :
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Riche en antioxydants : lutte contre le stress oxydatif.
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Digestion : soulage les reflux, l’hyperacidité et régule le transit.
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Relaxant : effet apaisant sur le système nerveux, idéal pour le stress.
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Riche en protéines : renforce l’immunité (études scientifiques à l’appui).
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Sans caféine : peut être consommé le soir.
Un remède naturel pour l’automne et l’hiver !
Fabrication traditionnelle : comment est produit l’Ivan Chaï ?
Contrairement aux tisanes classiques, l’Ivan Chaï subit une oxydation (comme le thé noir) pour développer sa saveur et sa couleur foncée :
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Cueillette : feuilles d’épilobe récoltées à maturité.
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Flétrissage : étalées pour réduire leur teneur en eau.
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Roulage : les feuilles sont écrasées pour libérer les enzymes.
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Oxydation : exposition à l’oxygène pour noircir les feuilles.
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Séchage : à l’air libre ou au four à basse température.
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Infusion : 5 minutes dans l’eau bouillante pour un goût proche du thé noir, avec des notes mielleuses et légèrement acidulées.
Pourquoi choisir l’Ivan Chaï ?
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Économique : peut être cueilli et préparé soi-même.
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Écologique : plante sauvage, sans besoin de pesticides.
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Santé : une alternative naturelle aux thés classiques.
Conclusion : un héritage à redécouvrir
L’Ivan Chaï est bien plus qu’un simple thé : c’est un morceau d’histoire, une légende vivante, et une plante aux multiples vertus. Que ce soit pour son goût unique, ses bienfaits santé ou son passé fascinant, il mérite une place dans votre routine bien-être.

Sources :
- L'histoire du thé d'épilobe : de traditions autochtones à l’Ivan Chaï – Thés du Nord
- L’Ivan Chaï à l’épilobe : propriétés et saveurs d’une infusion oubliée (YouTube)
Les informations présentées ici sont fournies à titre informatif et se basent sur les usages traditionnels des plantes en herboristerie. Elles ne constituent pas un avis médical et ne remplacent pas une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé.



